Ils sont parfois reconnaissables sur Twitter… Arborant une jolie tête d’œuf pour les moins aboutis, quand d’autres possèdent leur propre photographie, leur propre biographie etc. Ces faux comptes, créés pour gonfler artificiellement le nombre de followers, sont nombreux sur le réseau social. S’ils n’achèteront jamais les produits des entreprises, ces dernières pensent peut-être qu’elles seront davantage prises aux sérieux avec leur armée de robots… Dans d’autres cas, ces mauvaises pratiques sont le fruit de mauvaises agences qui profite du peu de connaissance ou de contrôle de leurs clients.
Dans tous les cas, ces faux comptes seraient malheureusement nombreux. Marco Camisani Calzolari, chercheur à l’Université de Milan, a passé au crible les comptes Twitter de 39 compagnies internationales et italiennes. Celles-ci comptabilisent toutes au minimum 10 000 followers. Parmi les plus connues, nous retiendrons notamment Dell, Coca-Cola, Blackberry ou encore le suédois Ikea. Déterminer si un compte est tenu par une vraie personne n’est pas forcément simple. Par exemple, la photo de profil ne permet pas de l’affirmer avec certitude : certains personnes conservent longtemps l’avatar par défaut, alors que de faux comptes affichent des photos personnalisées. Globalement, certains critères renforcent la probabilité qu’un compte en soit un vrai : connexion via divers clients, indication d’un nom, d’une photo de profil, d’une adresse physique, utilisation de signes de ponctuation dans les tweets, nombre de followers, nombre de personnes suivies, comptes ajoutés à une ou plusieurs listes… L’étude a donc pris en compte ces critères et de nombreux autres pour déterminer si les profils analysés étaient réels ou factices.
Sur les 39 sociétés analysées, certaines s’en sortent plutôt bien. Au niveau des entreprises internationales, moins de 7% des followers de Starbucks sont considérés comme des robots. D’autres sociétés obtiennent des résultats beaucoup moins bons : c’est notamment le cas d’Electronic Arts (29,70%), JetBlue (36,34%), WholeFoods (44,33%), ou encore Dell (45,99%).

Au niveau des comptes italiens des entreprises internationales, la Fnac obtient les meilleurs résultats, avec moins de 13% de faux comptes. A l’inverse, le compte Twitter italien d’Ikea comptabiliserait 45,92% de robots.

Les entreprises italiennes ont aussi été passées au crible. Les résultats sont tout aussi hétérogènes : moins de 3% des followers de Mutti seraient des robots, contre 14,34% chez Armani, 28,09% pour Dolce & Gabanna, et jusqu’à 44,67% pour Treccani.

Le chercheur italien insiste pourtant sur les critères choisis, qui selon lui, ont tendance à minimiser les robots comptabilisés. Les résultats montrent en tout cas de fortes différences de stratégie entre les entreprises, ou leurs agences. Certaines font des choix éthiques, d’autres préfèrent la facilité, l’achat de followers sur Twitter, de fans sur Facebook, ou encore le mass-following (que vous pouvez repérer en utilisant des outils comme Fruji notamment). Plus simples, mais moins rentables, ces manœuvres n’améliorent en tout cas pas l’image des entreprises mises en causes.
Samuel (11 months ago)
est-ce qu’on pourrait avoir un lien vers l’étude source ?
merci
Thomas Coëffé (11 months ago)
Bonjour Samuel,
L’étude est disponible ici :
Analysis of Twitter followers of leading international companies.
Bonne journée
Pablo (11 months ago)
C’est intéressant comme étude, mais encore il aurait fallu savoir combien de faux-compte il y a sur twitter en général. Cela aurait permis de se comparer par rapport à un standard, car il est impossible d’avoir 0% de faux comptes avec tous les faux-twittos opportunistes qui cherchent de la visibilité auprès des gros comptes.
Autre point à noter est que parfois les marques ont des faux followers malgré elles. De mon expérience perso cela m’arrive quotidiennement avec le compte de la marque pour qui je travaille (+de 100k followers). Je pense que si l’étude avait analysé notre cas, nous aurions eu un pourcentage de faux comptes assez élevés, et pourtant nous n’avons jamais acheté de followers pour la simple et bonne raison que faux compte twitter = faux client qui n’achète pas.
Bref, pour moi la balle est plutôt dans le camp de twitter qui devrait veiller à ce que dans la mesure du possible, il y ait le moins de faux comptes dans leur réseau social